Peinture sous verre

Description de la technique
La peinture sous verre est un travail qui consiste à représenter sur du verre à vitre des sujets picturaux, selon un processus qui tient compte du fait que l’image est inversée par rapport au projet de base et que les étapes de la peinture sont elles-mêmes inversées, puisqu’il faut commencer par les détails avant de traiter les fonds. La vitre tient le rôle de support ainsi que de surface vernie qui protège la peinture et lui donne un aspect lisse spécifique. Les peintures sous verre sont parfois dans certaines régions dénommées “fixés sous verre”, appellation dont l’origine est inconnue. Avant d’entreprendre l’exécution de ce type de travail, il faut découper la feuille de verre dans du verre à vitre à l’aide d’une roulette puis soigneusement dégraisser la surface à peindre. Le travail pictural s’effectue en deux temps: d’abord la peinture des contours, en utilisant de la gouache préparée à l’aide de pigments et de gomme arabique. Ensuite le brossage des surfaces ainsi dessinées, sorte de “coloriage” exécuté à l’huile. On se sert de pinceaux identiques à ceux de la peinture sur porcelaine. Une variante consiste à peindre sur miroir, en ayant auparavant éliminé le tain et l’argenture à l’emplacement des motifs; on parle alors de “verre églomisé”, d’après le nom de son inventeur au XVIII° Glomy.La peinture sous verre peut également être complétée par un effet de voile, sorte de glacis déposé avant d’entamer le travail et être enrichie par un procédé de dorure.

Historique de la technique
Dès la période antique il existe des exemples de peinture sous verre où or et pigments forment un décor précieux. Cette technique est utilisée au Moyen-Age pour les crucifix et les reliquaires.Lors de la Renaissance, Venise et Murano sont deux centres de production de cet art savant qui au XVI° et au XVII° tendra vers un art plus populaire. La peinture sous verre à l’époque baroque se développe en Suisse, en France et en Allemagne du Sud. Au XVIII°, elle devient un art populaire par excellence qui concerne toute l’Europe centrale, de la Pologne à la Roumanie et de la Lorraine à l’Espagne. Destinées à une clientèle de paysans et de petits bourgeois, colportées dans tous les bourgs et toutes les campagnes, ces peintures peu coûteuses, mais fragiles, aux sujets souvent religieux mais également profanes n’ont dû leur survie actuelle qu’à l’ampleur de leur diffusion.Dans les peintures religieuses les thèmes les plus fréquents sont les épisodes de la vie du Christ ainsi que la vie des Saints et la représentation de la Mère de Dieu. Les thèmes profanes se tournent vers l’allégorie, les portraits, les scènes de genre. Cet art connaît son apogée au XVIII° et XIX° siècle, avant de susciter au début du XX° la curiosité créatrice de peintres savants comme August Macke ou Oskar Schlemmer et de stimuler certains artistes contemporains comme le nancéien Etienne Cournault (1891-1948).

Actualité
L’artiste tchèque Dana Zamecnikova a donné à ce type de technique une dimension théâtrale, en montant d’insolites décors faits de panneaux de verre à vitre superposés et peints de scènes étranges où règne une atmosphère souvent oppressante ou grinçante.

Verriers
Tous les jeunes talents issus du cerfav, dans la page "vitrail d'idverre

References bibliographiques
WOLFHART Frank, “ La peinture sous verre”, Dessain et Tolra, Paris,1987 APTEL Claire, “Les peintures sous verre du Musée Lorrain”, le Pays Lorrain, Nancy, n° 3, 1990 RICKE Helmut, FRANTZ Susanne, MIZUTA Yoriko, “The Glass Skin”, catalogue d’exposition , Sapporo 1998, Corning 1998, Düsseldorf 1999