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Indications et appréciations sur la filière verre
Intervention de Denis Garcia, directeur du Cerfav, lors du Symposium Vitra qui s'est tenu en septembre 2007 à Nancy et Vannes-le-Châtel


Annexe 1: Les arts du verre en France : statistiques, par Denis Simermann, directeur du Pôle Verrier, septembre 07
Annexe 2 : Les arts de la table en chiffres, édition 2007, Ministère de l'Industrie, avril 07
Site Vitra : www.idverre.net/vitra

"J’ai souhaité apporter quelques éléments d’appréciation sur la situation économique du verre en France et en Europe, parler notamment des arts verriers, du chiffre d’affaires de ce secteur et de son évolution, des salariés, des entreprises et de leurs tailles or très vite je me suis heurté à la diversité des situations et des réalités et de problèmes de définitions qui rendent les recoupements statistiques très difficiles.

Les réalités sont diverses et très imbriquées, de l’industrie, catégorie dans laquelle on trouve les grandes manufactures type cristalleries aux usines de verres float ou encore les entreprises de flaconnage et l’artisanat, autre catégorie où là encore on trouve une grande diversité de réalités du vitrail à l’architecture, de la décoration aux miroiteries.

Il ne faut pas oublier non plus de considérer le secteur de l’art où la diversité des situations est également importante avec des artistes verriers, des plasticiens des designers.
Si l’on considère les petites entreprises, elles sont souvent mêlées à un secteur statistique plus large qui est celui de l’artisanat d’art en général.

Difficile donc de trouver une approche fiable et correspondant avec certitude au secteur des arts et techniques du verre.

Ceci est un point important qui rend difficile l’analyse.
J’ai donc fait le choix dans cette présentation de m’appuyer sur les principales données d’une étude menée par le ministère français de l’industrie qui a porté sur les arts de la table.
Le choix des arts de la table est donc un parti-pris mais cette étude a l’avantage d’être claire et peut certainement transposable plus largement au verre non industriel.

Premiers éléments de cette enquête

Les entreprises enquêtées ont toutes au moins 20 salariés.

Dans le secteur des arts de la table, l’enquête identifie ce qui concerne le commerce et l’activité liée au luxe et l’activité liée au verre.

Vous voyez ici quelques données qui démontrent le tassement des effectifs salariés, les chiffres d’affaires en diminution, ce qui se confirme à travers la perte d’exploitation à l’export.

La particularité de ces secteurs est néanmoins de concerner des activités à forte plus value et réalisant l’essentiel de leur activité à l’export.

On observe aussi que les marges réalisées sont faibles.


Les entreprises de ce secteur connaissent des difficultés que nous connaissons tous avec probablement de petites différences d’un pays européen à l’autre.

Mais les principaux problèmes structurels sont résumés ici.

On pourrait ajouter qu’une compétition existe entre pays européens mais ceci ne change pas fondamentalement l’analyse.

Le secteur de l’art de la table est de plus en plus contraint par l’étroitesse des marchés.


Aux problèmes ainsi connus et qui ne sont finalement pas une spécificité au secteur du verre, des solutions ont été tentées.

Rationalisme économique, optimisation et automatisation de la production, licenciements, réduction des coûts … là aussi les solutions envisagées sont très classiques.

A quelques différences toutefois :

- la particularité des produits et la diversité des objets réalisables en verre ou en cristal,
- les divers segments de marché qu’ils concernent,
- les cibles commerciales variées pour des objets aux statuts et aux plus values diverses

Ainsi, nous avons observé les orientations prises par tâtonnement pour certaines de ces entreprises ou de manière plus radicale pour d’autres dans le but de se réorienter.

Vous avez ici quelques stratégies et solutions :

Les cristalleries DAUM basées à Nancy et à Vannes Le Châtel ont choisi de cesser toute activité liée aux arts de la table en vendant leur marque « Cristal de Sèvres » au Portugal pour relancer leur fabrication sur la pâte de verre, en en faisant une spécialité technique et en éditant des artistes dont la signature bénéficie à la marque DAUM.
La valorisation de la marque, la recherche de signatures d’artistes, le réseau de distribution sont autant d’éléments de cette nouvelle stratégie qui tendent à démontrer le rôle des éléments immatériels de l’objet dans son succès.

La marque aborde le secteur du bijou, Baccarat va plus loin avec le luminaire (cristal noir/luminaire signé Starck).

Ces faits sont constants et se retrouvent dans d’autres pays européens : ici un industriel tchèque qui évoque assez vaguement l’idée de l’objet local et soufflé.


Les verriers cultivaient traditionnellement les secrets de compositions, les secrets de savoir-faire et il a fallu cette récente crise, la concurrence incroyable des pays du sud et asiatique, pour que les uns et les autres pressentent l’obligation de changer.

Il est probable que la proposition que j’ai faite de partager et mutualiser les savoir-faire n’aurait pas reçu un accueil favorable il y 4 ou 5 ans.

Le moment était donc opportun de proposer ce partage qui nous permette de progresser techniquement et de trouver nos différences sur la créativité.

Le passage d’une culture du matériau à celui d’un culture du médium signifie ce changement dans notre approche.
La question n’étant plus comment dois-je m’y prendre pour travailler le verre mais qu’ai-je à dire avec ce matériau.


Vitra :

Nous avons travaillé durant près de 2 ans à ce projet avec les écoles de Kalmar, de Murano et de Novy Bor pour livrer une plate -orme de travail commune.

Ce travail s’est fait autour de la dimension technique.

Donner les moyens de maîtriser la technique constitue l’un des moyens pour créer.



Comment aller plus loin?

VITRA II : nous avons 12 techniques présentées sur notre site VITRA, il en faut davantage encore. 16 ? 18 ? 24 ?

Qui est volontaire pour poursuivre? Quelles techniques?

Il nous faut rechercher avec Vidéoscop les ressources pour poursuivre ce travail

VITRA III : aura-t-on un jour les moyens d’une véritable activité E.learning avec formateurs en ligne, exercices et corrigés par exemple et une véritable animation? A quelle(s) condition(s)?

Des dispositifs européens d’échanges existent (enseignants, élèves) : comment mieux les mobiliser? Comment être plus efficaces dans la mise en œuvre et la pertinence de ces programmes d’échanges?

Ne peut on développer des expositions européennes d’élèves d’artistes?

Echanger sur les bonnes pratiques et les technologies utilisées ici ou là : je constate par exemple la vigilance qu’ont les centres de formation et les professionnels scandinaves à la protection des personnes, l’aspiration des poussières et le traitement des déchets. Ne peut-on rechercher les moyens d’échanger sur ces questions?

Je pense encore au travail sur des référentiels de formation communs qui permettraient de situer nos élèves et de les rendre mobiles pour parfaire leur parcours de formation d’un pays à l’autre, d’une entreprise à l’autre.
Je crois que nous aurons à réfléchir ou probablement aurez-vous des suggestions sur les dispositifs européens à mobiliser.
Nous avons pensé à formaliser un réseau Léonardo, il faut certainement le faire mais peut être y a t il d’autres possibilités de soutien des actions que j’ai suggérées ici."

Dans le cadre du projet VITRA, le Cerfav centralisera les suggestions, les projets d'échanges et toutes les possibiltés de collaborations entre les écoles du verre , les atelirs et les centres de recherche.

Pour plus d'informations, consultez le site internet www.idverre.net/vitra

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