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| Les tournages | ||||||||
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Sculpture à chaud : Pâte de verre : - les artistes Gobelets vénitiens avec reticello : Incalmo : Graal et ariel : Grisaille : Techniques tchèques : Perles au chalumeau : A la caméra : |
Livio Serena, souffleur de verre à Murano Il existe des hommes qui durant toute leur vie ne vivent que pour leur passion : c’est le cas de Livio Serena. Né à Murano en 1942, issu d’une famille de grande tradition verrière ( à l’origine de la création de la filigrane en 1400, plus connue sous le nom de « Retortoli.», ou encore de « Zanfirico » au 19e siècle), Livio rejoint à l’âge de 14 ans une des plus grandes fabriques verrières « Fratelli Toso » jusqu’à l’année de sa faillite en 1982. Puis de 1983 à 2003, il travaille pour l’atelier « Anfora», un des derniers à maintenir les traditions verrières de Murano. Actuellement, il enseigne depuis 2 ans à l’Ecole du verre « Abate Zanetti » et au CERFAV. Présent sur le site de Vannes le Chatel , du 2 au 12 mai 2006, nous sommes venus à sa rencontre pour percer le mystère du « Maestro del Vetro ». Qu’est ce qui vous passionne dans le matériau verre? Quel est votre rapport au verre ? « Cela fait 50 ans que je baigne dans le domaine de l’art verrier, et cela me plait toujours autant, ma passion pour le verre n’a pas diminué d’un pouce. » Et c’est avec une flamme dans les yeux qu’il nous livre : « C’est quelque chose que j’ai dans le sang, dans le corps et dans l’esprit. » Quels artistes vous ont stimulé et pourquoi ? « Ce sont avant tout les maîtres verriers de mon enfance, de mon adolescence, qui m’ont inspiré et qui sont devenus mes maîtres à penser tels que Alfredo Barbini, Archimède Seguso. Ils m’ont initié a cette discipline. Ils ont été mes références, mes modèles, car à mes débuts, je ne connaissais que très peu d’artistes verriers hormis ceux de Murano, qui ont été à l’origine du développement du verre dans le monde entier. » Avez-vous d’autres passions hormis le verre ? « Mon autre principal centre d’intérêt, mis à part mon travail, est le sport, qui me passionne. C’est très varié, cela passe du tennis, à la marche, au ski, en finissant par la randonnée en montagne. » Pourquoi avez-vous choisi d’enseigner vos connaissances verrières ? « Il y a deux ans, quand l’école « Zanetti » s’est ouverte, il était temps pour moi de partir en retraite ; alors ce fut l’occasion de rester dans le milieu du verre. De plus, c’était une opportunité pour continuer à travailler avec les gens du métier et de pouvoir transmettre mon savoir et mes compétences aux plus jeunes. » Connaissiez-vous le CERFAV ? Qu’ en pensez-vous maintenant que vous êtes en ses murs ? « Non, pour ne pas vous mentir, je ne connaissais pas cette structure avant d’y être venu. J’en ai entendu parler par vos formateurs et anciens élèves tels que Isabelle POILPREZ, Raphaël VELOSO, David VEIS et Franck EHRLER, qui ont travaillé avec moi. Je trouve ce centre très bien organisé, avec du matériel de qualité, des formateurs compétents et surtout des jeunes stagiaires particulièrement motivés, volontaires. Ils mettent du cœur à l’ouvrage, c’est très encourageant pour la profession. » Si vous aviez des conseils à donner à un jeune verrier, quels seraient-ils ? « Mon premier conseil serait en premier lieu de suivre la formation enseignée dans le cadre des écoles du verre pour pouvoir apprendre le métier. Cependant, je leur préconiserai de multiplier leur savoir-faire par la fréquentation de plusieurs ateliers, notamment à l’étranger. Il ne faut surtout pas hésiter à voyager, pour acquérir des techniques nouvelles et suivre l’enseignement de maîtres verriers de différentes cultures. Il est très important de s’ouvrir au monde dans le milieu artistique. Moi-même, j’ai beaucoup travaillé avec des architectes et designers d’autres nationalités comme Manuel BABLED (français /milanais) ou le japonais Yoichi OHIRA et de nombreux verriers vénitiens. »
Quelle est la situation des ateliers à Murano depuis la crise du 11 Septembre ? « En réalité, la crise a débuté dès le conflit au Koweit en 1991. 90% de la production muranaise est rachetée par les Etats-Unis et l’Angleterre qui la redistribue ensuite à destination du Moyen-Orient. La situation est devenue critique : les grosses fabriques n’existent plus. En 1990, il y avait 3000 personnes qui travaillaient dans le verre, alors qu’aujourd’hui il n’y a plus que 700 ouvriers sur toute l’île. Ne persistent que les petites unités familiales comprenant le père, le fils, un retraité et un apprenti. Les taxes et le gaz sont devenus très chers, les patrons se lamentent tout le temps et essayent de fermer les petites fabriques qu’ils ont. » Quelle est votre implication dans la vie de l’école Abatte Zanetti, à Murano ? « Mon arrivée s’est très bien déroulée. Mais à présent, la crise se fait ressentir, nous connaissons un manque de stagiaires. Nous avons changé de directeur, de président et nous sommes dans l’attente de stagiaires de tous les coins du monde. Ils sont les bienvenus ! Notre situation financière est difficile et récemment l’Etat nous a accordé une subvention sur 3 ans avec obligation de devenir au terme de ce délai autosuffisant, sinon l’école fermera ses portes. Quant à mon rôle au sein de celle-ci, c’est l’enseignement des techniques vénitiennes. » Avez-vous voyagé dans le monde du verre et qu’est-ce que cela vous a apporté ? « Oui, j’ai beaucoup voyagé. Il y a encore 8 ans, je me suis rendu en Finlande, au sein d’une école où je leur ai enseigné les techniques vénitiennes. Il y a deux ans, j’étais en Angleterre au Festival International du Verre à Stourbridge, où ils ont créé un centre comme ici. Et maintenant, je reviens du Pérou. Comme je l’ai dit précédemment, voyager est essentiel pour l’apprentissage de diverses techniques de soufflage et cela est très enrichissant sur le plan relationnel, humain. » Et pour finir, quels sont vos projets pour l’avenir ? D’un ton amusé, Livio nous confie : «ah! mes projets, vivre le plus longtemps possible, et continuer à enseigner à Murano ou ailleurs. » |
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