Orphée II
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La démarche du peintre Théo Kerg, disciple de Paul Klee, s’est apparentée pendant les années 30 à celles du groupe Abstraction-Création dont il a été l’un des animateurs, avant qu’il ne s’achemine vers ce qu’il a lui-même appelé le “tactilisme”, vers 1956. Ce travail, basé sur le sens tactile, utilise des matériaux divers, voire non picturaux (bois, carton, sable, cailloux, résine, mica) dont les reliefs sont soumis à des jeux de lumière. Cette technique permet à Kerg de s’affranchir de la bi-dimensionnalité du tableau et de sa dépendance au mur, pour créer des environnements où interviennent souvent “…des grappes de lettres, de signes, de mots, de bribes de poésie”, selon les termes d’un critique, en 1974.
Cette statuette antropomorphe aux allures mystérieuses d’idole primitive est en fait constituée d’un collage des lettres du nom d’Orphée, héros de la mythologie grecque. O pour la tête, deux E pour les jambes, P inversé pour le thorax, R et H pour les deux bras. Théo Kerg a-t-il pensé à Rimbaud, à son ésotérique sonnet des “Voyelles”, à l’alchimie du verbe ? Figure emblématique de la poésie, Orphée est construit ici de toutes pièces, par le pouvoir des lettres, par le pouvoir du verbe, par le pouvoir de l’artiste démiurge qui le nomme. Il est intéressant de noter que Kerg avait fait une première proposition “Orphée I” où les lettres s’ordonnaient verticalement, comme un totem, plus banale, et qui fut à juste titre écartée.
On comprend que Kerg, artiste inventif, épris de lumière et de recherches chromatiques et spatiales ait relevé le défi de la dimension supplémentaire liée à la transparence dans la sculpture en pâte de verre. Réussite magistrale.
Édition 1970
150 exemplaires
L. 23 cm ; H. 16 cm

Pièce non signée
Exemplaire numéroté 2 HS

Pâte de verre
Couleur : bleu céruléum
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Kerg Théo
ThŽo Kerg pour Daum, Žditeur d'art