Catherine Farge

Catherine Farge
La Bénétie
63300 Escoutoux

Tel : 04 73 51 34 64

catherine.farge@club-internet.fr
LE VERRE ET LE BOIS, DEUX PASSIONS EN UNE

L'intensité d'un petit visage triangulaire, quelque chose de félin et de sylvestre qui s'apprivoise dans l'échange d'un regard, Catherine Farge ouvre grande la porte de sa maison de silence lorsque s'établit secrètement la confiance. Une petite maison de bois adossée à la forêt et ouverte sur l'immense panorama de la chaîne des Puys et des monts du Forez. Un vaste pays, un rien austère, de bois et de près maigres, son pays d'enfance champêtre. Elle a couru de cultures en jardins, de forêts en collines tapissées de serpolet. Elle a empoigné de toute sa frêle et robuste personne les récoltes, les branches et les plantes médicinales. La nature est son maître de tous les apprentissages et de la solitude où se tracent les sentiers sinueux de son flux créateur.

Le verre par hazard

Dès l'enfance, son petit couteau taille, sculpte les bois dont elle sait le grain, la résistance, les caprices soudains et l'odeur tenace. Prise dans le mouvement des cuellettes et des désherbages, le hasard lui fait découvrir la magie du verre. Des femmes de sa région, au XIXe siècle, soufflaient au chalumeau en hiver, des perles de verres à l'orient nacré, imitant les perles de culture pour les dames de la ville. Dans l'usine qui continue cet artisanat, Catherine Farge tombe en passion pour le verre en fusion.
Elle va voir des souffleurs de verre et s'inscrit, sur présentation d'un dossier sur les perles de verre, au Centre Européen de Formation et des Recherche des Arts Verriers, en Lorraine, dans la section "chalumeau". Très vite, elle comprend que cet art minuscule n'est pas pour elle. Ce qu'elle veut c'est la "canne", un outil puissant qui correspond à ceux du jardinier qu'elle a maniés, nécessitant mouvement et travail physique. Après deux ans à la canne de souffleur, elle poursuit son apprentissage chez un couple de verrers célèbres, Philippe Baldwin et Monica Guggisberg, établis à Nonfoux en Suisse puis à Paris.

Le plus beau geste du verrier

Dans la pratique du verre soufflé, Catherine Farge découvre le bonheur inence de l'épanouissement de la "cive", ce disque parfait résultant de l'ouverture de la bulle soufflée. Les "cives", matériaux de base des maîtres du vitrail, comblent à ce moment toutes les attentes de l'artiste par la forme et le plaisir de souffler en veillant à la perfection du geste à chaque étape de l'oeuvre. Viennent ensuite les couleurs, celles qui irisent, celles que l'on "brûle" pour leur faire donner des tons différents du classique. Riche de ces galettes ambrées, fruitées, aux bords densifiés, la verrière les présente à la lumière, les superpose pour faire jouer les nuances et vient l'idée d'en "faire quelque chose". L'amour ancien pour le bois sculpté revient tout naturellement mais à Paris, elle ne peut que concevoir un modèle qu'un ébéniste réalise. Ce sera "Funambule", la première sculpture vite enlevée par un amateur.

Le bois, ça coule de source!

Retour au pays pour marier tout natellement le bois et le verre. Le bois, ça coule de source, cela vient des jardins, des forêts, le milieu naturel, originel où Catherine Farge s'installe dans la solitude et le silence pour multiplier ces alliances magiques de cives et de bois finement sculpté dans l'atelier-verrière. Alignées comme dans une bibliothèque, les cives attendent l'inspiration jaillissante qui vont les faire vivre, se laisser traverser par de délicates branches ciselées et jouer de la lumière comme d'une musique toujours renouvelée. Dans ce flux créatif passionné, naissent "Sirocco", "Tourbillon", "Eolia" et dans une souvenance botanique "Akène", "Fleur de Pavot", "Epiphytée".
Virtuose autodidacte de la sculpture sur bois, l'artiste ne sépare jamais le bois du verre. "L'un sans l'autre c'est impossible et d'ailleurs les cives sont des objets sans utilité. Elles attendaient le bois" constate Catherine Farge. Parfois c'est la forme d'une branche qui appelle les cives et d'autres fois, c'est la couleur de la cive qui réclame une certaine essence. En retrouvant l'amour du bois récolté et mis à sècher longuement avant d'être suivi selon son âme et sa forme, l'artiste a lâché la canne du souffleur. Un peu de nostalgie, mais entre l'établi et le four verrier, il y a une grande distance géographique et la contrainte du temps.

Le fleuve de la vie poursuit son cours

Toute à son travail de mariages de cives et des bois, Catherine Farge sent le puissant flux de la vie qui, comme la Loire voisine, amorce des virages, découvre de nouveaux paysages. Ses pièces fascinantes et créatrices de moirures lumineuses infinies font leur chemin parmi les amateurs, d'une galerie à l'autre. L'originalité et la force de leur présence captivent profndément les esprits sensibles. Et dans les forêts proches ou méditerranéennes, l'artiste découvre de magnifiques sculptures naturelles, de vieilles souches, d'étranges verrues ligneuses qui font bourgeonner de nouvelles idées où les cives trouveront peut-être un jour des alliés puissants.
Et cours, le fleuve de vie et de création, comme la rivière et la sève qui savent exactement où ils vont.

Mireille Callu

EPIPHYTE 2007

Verre soufflé, bois de Pommier sculpté.
Oeuvre suspendue.
Longeur 40 cm
Largeur 14 cm
Hauteur 31 cm

RHIZOME 2008

Verre soufflé, bois de Noyer sculpté.
Diamètre 34 cm Hauteur 22 cm

EOLIA. 2007

Verre soufflé, bois de Merisier sculpté.
Longeur 44 cm Largeur 22 cm Hauteur 38 cm

LOTUS 2008

Verre soufflé, bois de Noyer sculpté.
Diamètre 54 cm Hauteur 20 cm

SIROCCO 2005

Verre soufflé, bois de Robinier sculpté.
Longueur 69 cm
Largeur 43 cm
Hauteur 62 cm

ROSE DES VENTS 2007

Verre soufflé, bois de Noyer sculpté.
Oeuvre suspendue.
Diamètre 31 cm
Hauteur 6 cm

CORAIL 2008

Verre soufflé, bois de Pommier sculpté.
Longueur 35 cm Largeur 39 cm Hauteur 39 cm

TOURBILLON 2006

Verre soufflé, bois de Frène sculpté.
Diamètre 45 cm Longeur 78 cm