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Parcours en dent de scie mais déjà nourri que celui de Yannick Hoeltzel, jeune vagabond d’un tour de France improvisé, aux trousses de cet art mystérieux qu’est le verre ; le voilà aujourd’hui installé dans son propre atelier-vitrine à Nancy.
Un somptueux et accueillant désordre coloré y règne ; le verre est partout, grimpant sur les murs, meublant les étagères, couvrant le sol, sans parler de la table de travail, envahie par les morceaux brisés !
Au mur, des appliques de toutes sortes - le luminaire est sa spécialité cornues, ventrues, en triangle étoilé, à bulbe etc. Et puis des suspensions, des lampes à poser, des pendulettes, des objets variés, des bijoux et naturellement quelques vases, coupes ou verres à boire…
Quel est le secret d’une telle abondance ? Yannick en a plusieurs : d’abord il souffle en séries ses bulles, qu’ il retravaille ensuite de diverses façons.
Il les monte avec du métal il connaît la fonte et la chaudronnerie crée le socle d’une lampe, un bras de lumière en courbant un tube de cuivre et articule ainsi plusieurs globes très librement ; quand il tord le métal en spirale pour une applique, le verre sera simplement posé au sommet de son évasement
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Il souffle aussi de gros manchons dans toutes les couleurs et ce verre va lui servir ensuite de matière première : il le taille en morceaux qu’il modèle en les réchauffant. L’artiste joue de la souplesse du matériau pour créer toutes sortes de figures et de reliefs en applications. Son univers est d’inspiration végétale comme des fleurs aux tiges ondulantes et animale surtout, ses grandes appliques au masque de « Toro » par exemple. Sa géante suspension, un dôme renversé et opaque laisse percer la lumière au travers de ses tentacules, de gros doigts blancs tachés d’orange qui y sont piqués comme des antennes inversées.
Hoeltzel crée des pièces uniques de belles dimensions. Dans leur registre de transparence, elles gagnent en mystère. Guidé par la canne qui l’a cueilli, le verre visqueux est coulé sur le sable et sinue en méandres ; des grains se collent, faisant des aspérités à la surface et créent une étrange et brute « matière visuelle ».
Ce jeune créateur est riche de possibilités et garde un équilibre entre la nécessaire production et une recherche artistique qui s’en évade totalement.
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