Herman Kampman

Herman Kampman

1, av du Bois D'Ailly
55300 Saint Mihiel

Tel/fax : 03 29 90 25 48

L'atelier d'Herman Kampman est installé dans l'ancien couvent de Minimes où il réside. Hollandais d'origine et venu de l'industrie, il a adopté la France et s'est converti au verre il y a quelques années. Sa formation au CERFAV lui a permis de rencontrer le couple HIGUCHI (Japon) dont l'enseignement de la pâte de verre l'a marqué. Son travail est exclusivement artistique.
Ce tournant récent et décisif a déjà été reconnu avec des distinctions réputées, dont le prix reçu à l'exposition internationale de Kanasawa est le dernier en date.

Son oeuvre personnelle est marquante ; il a très vite choisi des tons noirs, opaques et métallisés qui sont peu courants dans le verre.
Ce verre qui, est en réalité très troublant : on doute au premier regard de l'identité de la matière ; ses coupes, sombres et souvent ornées d'or, sont-elles faites de métal, d'argile ou encore de cuir ? Rien dans leur aspect ne fait penser à du verre...

Pourquoi jeter son dévolu sur une matière transparente, et la mater et l'obscurcir à ce point ? Sa réflexion tourne autour d'un paradoxe : le sentiment très net que nous avons tous de l'éternité s'oppose à notre certitude que les civilisations - et notre vie même - sont mortelles : " Je tente d'unir ces extrêmes et de surpasser la dualité. "dit il. Le message de son verre noir se veut clair!

Le jeu visuel s'organise entre des feuilles de verre teintées dans la masse et fusionnées dans le four ; une deuxième cuisson permet ensuite de donner une forme à la plaque. Ce qui paraît simple est en réalité complexe : notamment, dans les écarts de température des cuissons successives qui vont créer des effets de matières et de métallisations . D'autres extrêmes se côtoient : la circularité d'une coupe est tranchée par la page d'un livre ; et des lignes vont briser irrégulièrement la rectitude de ce rectangle.

Un sablage délicat est la deuxième étape de ce travail. Kampman inscrit le texte d'un vieux manuscrit au coeur du verre ; la phrase de Saint Augustin que l'artiste a choisie est signifiante : " Là où il n'y a pas la lumière, il y a nécessairement les ténèbres ". Dialectique de l’ombre et de la lumière, unissant le jeu des contradictions, Herman Kampman les outrepasse... la lumière rejaillit depuis le noir et les reflets métalliques prennent la couleur du bronze, de l'or ou de l'argent.
Grâce au paradoxe d'une géométrie fracturée, la dualité de la science et de la nature s'exprime ; ici, le jeu d'une écriture voulue et tracée s'oppose au trajet aléatoire d'une racine.
Le verrier traduit le vif désordre de la vie, en termes de clarté et d'ombres.

Ariane GRENON