Le secteur verre et cristal, crises récurrentes et nécessaires adaptations

Véronique Brumm


- Une succession de modes et de foyers importants
- Le verre aussi connaît sa révolution industrielle
- Une règle d’or : s’adapter ou disparaître
- Des solutions pour résoudre la crise

- Des amulettes aux vitraux : une diversification des productions
- Une succession de modes et de foyers de production importants
- Une règle d’or : s’adapter ou disparaître
- Le verre aussi connaît sa révolution industrielle
- La pluralité des initiateurs de la patrimonialisation
- Les valeurs nouvelles associées à l’industrie du verre et du cristal
- Bibliographie
- Glossaire


Des amulettes aux vitraux : une diversification des productions

La question de l’origine du verre reste depuis longtemps posée. Sa découverte est-elle l’œuvre des céramistes ou des métallurgistes ? A-t-elle eu lieu en Egypte, en Mésopotamie ou en Syrie? Aucune réponse certaine ne peut être avancée. Les premiers verres connus sont toutefois datés des environs de 3500 ans avant J.C. Il s’agit principalement de baguettes, de scarabées, symboles d’immortalité, et autres amulettes (Richet, 2000 : 14-17).

Antiquité
Les années aux environs de 1500 avant J.C. constituent une période charnière à partir de laquelle on commence à fabriquer des objets en verre qui ne sont plus uniquement des parures. La production de récipients se développe, donnant une nouvelle impulsion à l'artisanat verrier (Barrelet, 1979 : 7) qui essaime lentement à partir du Proche-Orient, en Grèce vers le XIIIe siècle et en Italie au VIIIe siècle (Richet, 2000 : 23).

Au début de l’ère chrétienne, l’art du verre connaît une seconde révolution : l’invention de la technique du verre soufflé (Barrelet, 1973 : 719). La canne à souffler, comme une baguette magique, transforme les destinées de l’industrie du verre puisqu’elle permet la fabrication en grande série (Auvray, 1967 : 6). Le verre, considéré jusque-là comme un luxe (Rosé, 1980 : 12), peut être vendu à un prix plus abordable et sa diffusion atteindre une clientèle plus variée. Depuis lors, son art se développe dans l’Empire romain, en Gaule au Ier siècle après J.C., en Belgique ainsi que dans la vallée du Rhin aux IIIe-IVe siècles (Richet, 2000 : 23).

Moyen Age
Si le Moyen Âge est principalement réputé pour les vitraux ornant ses églises, dont certains sont le fruit de véritables artistes, la production de gobeleterie ne s’arrête pas pour autant. Elle est toutefois difficile à cerner, les textes donnant peu d’informations et le Concile de Chalcédoine en 451 ayant interdit la présence d’objets dans les tombes (Van den Bossche, 2001 : 19). Mais, paradoxalement, c’est aussi à l’Eglise que l’on doit la conservation de quelques verres médiévaux, puisque des calices, pourtant interdits, des ampoules et des reliquaires ont été retrouvés dans les trésors des cathédrales (Barrelet, 1979 : 14). Par ailleurs, quelques miniatures apportent des renseignements sur les productions de verre creux - bouteilles, carafes, flacons, burettes, lampes, urinaux et, progressivement, à partir de la fin du XIIIe et au début du XIVe siècles, coupes, pots, aiguières, plats, hanaps, jusque-là en métal ou en céramique (Barrelet, 1951 : 61-62).

La production de bouteilles va d’ailleurs se développer un peu partout en Europe. Parmi les principaux foyers, la Belgique qui met l’accent sur ce type de fabrication à partir de 1450. Ses fioles, bouteilles et bocaux sont principalement exportés vers la Hollande et la France, et plus particulièrement la Bourgogne et la Champagne, et, bientôt, le pays deviendra le principal producteur de bouteilles sur le continent. Au XVIe siècle, la Vôge occupe également une place de choix. A partir du milieu du siècle suivant, l’Angleterre domine la production européenne (Van den Bossche, 2001 : 19-22).

Dans un autre domaine, signalons l’apparition des besicles au XIIIe siècle à Florence. Permettant de corriger la presbytie, ils se répandent rapidement, en particulier chez les copistes et les moines. Trois siècles plus tard, les lentilles divergentes corrigeant la myopie seront mises au point. Elles seront à l’origine d’instruments d’optique, tels que le télescope et le microscope (Richet, 2000 : 56-57).

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